À voir de préférence sur grand écran. Cette page contient des claviers interactifs et des tableaux pensés pour l'ordinateur ou la tablette. Sur téléphone, certains éléments peuvent être coupés. Pour en profiter pleinement, ouvre-la sur un écran plus large.
La notation musicale
La portée
La portée est un ensemble de 5 lignes horizontales et parallèles.
C'est le support sur lequel on écrit les notes.
Une note peut se placer sur une ligne ou entre deux lignes : cet espace entre deux lignes s'appelle un interligne.
La portée compte donc 5 lignes et 4 interlignes, que l'on numérote de bas en haut.
Pour les notes trop hautes ou trop basses, on ajoute des lignes supplémentaires au-dessus ou en dessous de la portée, sans limite.
La note
La note est le symbole de base de la musique écrite. Elle contient deux informations : la hauteur du son (grave ou aigu) et la durée.
La hauteur
La hauteur est définie par la position de la note sur la portée : plus elle est placée haut, plus le son est aigu ; plus elle est placée bas, plus le son est grave.
Note haute = son aigu
Note basse = son grave
La durée
La durée est définie par la figure de la note. Il existe 7 figures de notes, de la plus longue (la ronde) à la plus courte (la quadruple croche).
Ronde
Blanche
Noire
Croche
Double croche
Triple croche
Quadruple croche
Astuce : les ligatures (barres)
Lorsque plusieurs croches (ou notes plus courtes) se suivent, on relie leurs crochets par des barres (ligatures) pour rendre la lecture plus claire.
On peut aussi ligaturer des notes de valeurs différentes, en mélangeant croches et doubles croches (la double croche a une 2ème barre).
Ce groupe s'appelle la syncopette.
Les figures et leurs fractions
La ronde est la figure la plus longue : elle sert d'unité de référence.
Toutes les autres durées s'expriment comme des fractions de la ronde (une blanche = 1/2, une noire = 1/4, une croche = 1/8...).
C'est une notion clé pour bien comprendre les chiffrages de mesure (signatures rythmiques) plus tard.
La note pointée
Un point placé juste après une note ajoute la moitié de sa durée.
Astuce : compter à voix haute
Pour jouer bien en rythme, prononce le rythme à voix haute en jouant.
« 1 et 2 et 3 et 4 et »
pour les croches
« ta ka di mi »
pour les doubles croches
Expérimente l'addition des figures
Glisse des figures dans la zone prévue à cet effet. Leur durée s'additionne et se réduit à la notation la plus simple.
Le nom des notes
Il y a 7 noms de notes : do, ré, mi, fa, sol, la, si.
Sur le piano, ces 7 notes se suivent les unes à côté des autres, et le groupe se répète tout le long du clavier.
La notation internationale
Dans le système international, les notes portent des lettres. On le retrouve souvent pour nommer les accords.
do
C
ré
D
mi
E
fa
F
sol
G
la
A
si
B
Ascendant et descendant
On peut parcourir les 7 notes dans les deux sens.
Teste sur le mini clavier interactif
La mesure
Pour s'y retrouver dans le temps, la musique est découpée en tranches régulières : les mesures.
Les mesures sont séparées par des barres de mesure (des traits verticaux qui traversent la portée).
Chaque mesure dure le même nombre de temps.
Compter les temps dans la mesure
Ici, chaque mesure compte 4 temps : on compte « 1, 2, 3, 4 », puis on recommence à chaque nouvelle mesure.
Écoute : un clic plus marqué tombe sur le 1er temps de chaque mesure : c'est lui qui donne l'élan.
Le trait vertical orange entre les deux ponts est la barre de mesure : c'est elle qui sépare les mesures.
La signature rythmique
Au tout début de la portée, juste après la clé, on trouve deux chiffres placés l'un au-dessus de l'autre : c'est la signature rythmique.
Le chiffre du haut indique combien de temps contient chaque mesure (la quantité).
Le chiffre du bas indique quelle figure vaut un temps (la nature).
Expérimente : crée ta mesure
Choisis une signature rythmique : la mesure se remplit avec la figure qui vaut un temps. Par exemple, 4/4 donne 4 noires dans la mesure.
4/4 : 4 noires dans une mesure.
Le savais-tu : binaire ou ternaire ?
« Binaire » ou « ternaire » ne dit pas combien de temps contient la mesure, mais comment chaque temps se divise.
Binaire (mesure simple) : chaque temps se divise en 2. Le temps est une figure simple, comme la noire. C'est le cas de 2/4, 3/4 et 4/4.
Ternaire (mesure composée) : chaque temps se divise en 3. Le temps est une figure pointée, comme la noire pointée (= 3 croches). C'est le cas de 6/8, 9/8 et 12/8.
Du coup, 3/4 est binaire ! Le « 3 » compte les temps (3 noires), pas la façon de les diviser : chaque noire se partage en 2 croches. Le « 3 » n'a donc rien à voir avec « ternaire ».
À l'inverse, 6/8 se ressent en 2 temps (2 noires pointées de 3 croches), donc ternaire : voilà pourquoi on ligature les croches par groupes de 3, un groupe = un temps.
Les clés
La clé est le symbole placé au début de la portée. Elle donne le nom des notes sur les lignes et les interlignes : sans elle, on ne saurait pas quelle note lire.
Il existe plusieurs clés. Ici, on ne verra que la clé de sol et la clé de fa, les deux clés du piano.
La clé de sol
La clé de sol s'enroule autour de la 2ème ligne : cette ligne devient le sol.
Elle sert pour les sons aigus (souvent la main droite au piano). À partir du sol, on retrouve toutes les autres notes.
La clé de fa
La clé de fa place ses deux points autour de la 4ème ligne : cette ligne devient le fa.
Elle sert pour les sons graves (souvent la main gauche au piano).
La double portée du piano
Au piano, on utilise les deux clés ensemble : la clé de sol en haut (souvent la main droite), la clé de fa en bas (souvent la main gauche).
Les deux portées sont reliées à gauche par une accolade : elle montre qu'elles forment un seul ensemble, joué par le même instrument.
À toi : survole la portée ou le clavier pour voir leur correspondance
Chaque note est posée sur la double portée, de la plus grave à la plus aiguë, avec son nom écrit dessous. Survole (ou clique) une note ou une touche : sa correspondante s'allume sur l'autre.
Les deux portées sont représentées espacées pour la lisibilité, mais la 1ère ligne supplémentaire sous la clé de sol et la 1ère au-dessus de la clé de fa sont en réalité le même do du clavier : le do central.
Exemple : une vraie portée de piano
Le même do central, écrit sous la clé de sol puis au-dessus de la clé de fa.
Les silences
Un silence est un signe qui indique une interruption du son : un moment précis où l'on ne joue rien.
Le silence fait pleinement partie de la musique : il a une durée, il se compte et se mesure, exactement comme une note.
À chaque figure de note correspond une figure de silence de même durée.
Tableau des équivalences
Astuce : pause ou demi-pause ?
La pause et la demi-pause se ressemblent beaucoup : un petit rectangle posé près du milieu de la portée.
La pause pend sous la 4ème ligne.
La demi-pause est déposée sur la 3ème ligne.
Une petite mélodie avec des silences
Voici une courte mélodie qui mêle des notes et des silences (un soupir et un demi-soupir).
Écoute : la pulsation (le clic) continue pendant les silences. On compte le silence comme une note, on ne joue simplement rien.
Le silence pointé
Comme une note, un silence peut être pointé : un point placé juste après lui ajoute la moitié de sa durée.
Les altérations
Une altération est un petit signe placé juste devant une note qui modifie sa hauteur d'un demi-ton (le plus petit écart entre deux notes).
Le dièse
monte la note d'un demi-ton
Le bémol
baisse la note d'un demi-ton
Le bécarre
annule l'altération (note naturelle)
Visualisation des altérations sur le clavier
Le savais-tu : l'enharmonie
Une même touche noire porte deux noms différents. Par exemple, do♯ est la même note que le ré♭. Cette particularité s'appelle des notes enharmoniques.
L'altération accidentelle
Une altération accidentelle s'écrit juste devant la note. Elle n'est valable que jusqu'à la fin de la mesure : après la barre de mesure, la note redevient naturelle.
Le bécarre permet de l'annuler avant la fin de la mesure si besoin.
Fa dièse
Si bémol
Si bémol qui avec le bécarre redevient Si naturel
Dans la 1ère mesure, le dièse écrit sur le 1er fa vaut pour tous les fa de la mesure : le 2ème fa est dièse sans qu'on le réécrive (en orange). Après la barre de mesure, le fa redevient naturel (en violet).
Il existe aussi des altérations placées à la clé (au début de la portée), qui valent pour tout le morceau : on les verra avec les gammes.
Une petite mélodie avec des altérations
Voici une courte mélodie qui utilise les trois altérations.
Le fa devient fa dièse (il monte d'un demi-ton), le si devient si bémol (il descend d'un demi-ton), puis le bécarre annule le bémol : le si redevient naturel.
La division irrégulière
Une division irrégulière, c'est quand on partage un temps en un nombre de notes différent de ce qui est prévu.
Une division binaire, c'est un temps divisé en 2 parts égales.
Une division ternaire, c'est un temps divisé en 3 parts égales.
Le triolet
Le triolet permet de diviser une durée binaire en une durée ternaire.
On l'écrit en plaçant un petit chiffre 3 au-dessus (ou en dessous) du groupe de notes.
Par exemple, un triolet de croches vaut 3 croches jouées dans la durée de 2 croches (soit la durée d'une noire).
Un temps peut tenir 1 note (noire), 2 (croches, binaire) ou 3 (triolet, ternaire) : tous durent un temps. Puis on a la 2ème mesure, entièrement binaire.
Un triolet peut aussi contenir des silences à la place d'une ou plusieurs notes.
Il existe aussi le mouvement inverse, le duolet : 2 notes là où il y en aurait normalement 3. Ce cas dépend de la façon de compter la pulsation : on le verra avec les mesures.
Astuce : compter le triolet à voix haute
Compte à voix haute pour bien sentir la différence : 2 syllabes par temps pour les croches, 3 pour le triolet.
« 1 et 2 et 3 et 4 et »
pour les croches
« tri - o - let »
pour le triolet
Valeurs de notes en triolet
Le principe vaut pour toutes les figures : un triolet de 3 figures dure le temps de 2 figures normales, donc la figure juste au-dessus.
Comparer la division binaire et ternaire
Sur chaque temps (la noire), on place 2 croches (binaire) ou 3 croches en triolet (ternaire).
Chaque temps garde la même couleur sur les trois lignes : on suit ainsi un même temps qui se divise en 1, 2 ou 3.
Les liaisons
Une liaison relie deux notes de même hauteur par une petite courbe. On ne rejoue pas la seconde note : on tient la première pour la durée des deux additionnées.
Deux noires liées : on joue une seule fois et on tient 2 temps.
Écoute la différence
La même petite mélodie (do, ré, mi), avec le mi final qui dure 2 temps. Sans liaison, on rejoue le mi sur le 2ème temps ; avec liaison, on le tient : la pulsation continue mais on ne rejoue rien.
Pourquoi elles sont indispensables
La liaison permet d'écrire des durées impossibles à noter avec une seule figure. Le cas le plus courant : une note tenue par-dessus une barre de mesure : aucune figure seule ne peut traverser la barre, alors on lie deux notes.
La note est tenue d'une mesure à l'autre, sans être rejouée.
Au-dessus ou en dessous
La courbe se trace au-dessus ou en dessous des notes (en général du côté opposé aux hampes), selon ce qui est le plus lisible. Le sens ne change rien au son.
Au-dessus
En dessous